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Découvrez en deux minutes l'analyse de Valentine Ainouz experte chez Amundi Recherche & Stratégie

08 novembre 2018

Amundi Asset Management

Au mois d’Octobre, les marchés financiers ont été marqués:

  1. Par un nouveau pic atteint par les taux longs US ;
  2. Par une correction généralisée sur les marchés actions ;
  3. Et plus spécifiquement au sein de la zone euro par les débats autour du budget italien.

Le taux américain à 10 ans a atteint un pic à 3,23 %, un plus haut depuis mai 2011 au début du mois avant de retomber à 3,1 %

  • Le principal catalyseur de cette hausse a été le discours de Jérôme Powell. Le président de la Réserve fédérale semble être optimiste quant au fait que l’expansion économique américaine puisse être maintenue pendant une longue période, avec un risque modéré d’entraîner une accélération soudaine de l’inflation. 
  • Ce discours et la publication de très bons chiffres économiques ont renforcé la confiance des investisseurs dans la vitalité de l’économie américaine. En même temps, les anticipations d’inflation sont restées quasi-inchangées.

Les marchés actions ont reculé suite à cette hausse des taux. A ce stade du cycle, une hausse de taux est synonyme d’un durcissement des conditions de financement. Cette correction s’est amplifié avec l’apparition de sérieux doutes sur la solidité de la croissance mondiale :

  1. La croissance américaine est solide. Cependant :
  2. Dans la zone Euro, la croissance a ralenti plus fortement que prévu. Les exportations et les investissements sont pénalisés par la baisse de la demande mondiale
  3. Mais le marché s’est surtout inquiété du ralentissement de la croissance économique chinoise : 6,5 % au troisième trimestre soit son plus bas niveau depuis 2009.
  • Ce chiffre s’explique par une faiblesse de la demande domestique. La dette privée a augmenté très significativement en Chine ces dernières années. Et les mesures prises par les autorités chinoises pour endiguer l’endettement colossal du pays ont pesé sur la croissance. Les exportations ont jusqu’à présent bien résisté.
  • Les investisseurs redoutent aujourd’hui les impacts de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine qui sont encore largement à venir.
  • Dans ce contexte, le renminbi s’est déprécié de plus 7 % vis-à-vis du dollar depuis le mi-juin.

Enfin, les investisseurs ont également été sensibles à la publication des résultats du troisième trimestre qui montrent une  détérioration des perspectives de croissance pour de nombreuses entreprises.

En Europe, la dette italienne reste sous tension.  Le gouvernement italien a présenté un budget pour l’année 2019 avec un déficit de 2,4 % pour financer les mesures promises aux électeurs. La commission européenne a rejeté ce projet de budget, une première dans l’histoire de l’Europe. L’Italie a maintenant 3 semaines pour revoir sa copie.

En conclusion, les banques centrales continueront à réduire leur soutien aux marchés au cours des prochains mois. Et nous pensons que ce reflux de la liquidité alimentera la volatilité et la reconnexion aux fondamentaux  sur les marchés.

Crédit photo : Tunart