A lire dans la même thématique

Quelle taxation pour votre épargne en 2018 ?

Comment certaines mesures votées fin 2017 impacteront la taxation de votre l’épargne en 2018 ?

Après la douche froide du 24 juin et le vote pour le Brexit, la tendance de marché s’est inversée et un certain optimisme de fin de semestre a pris le dessus.

11 juillet 2016

Amundi Asset Management

On a eu beaucoup de volatilité en juin à cause des sondages contradictoires sur le référendum britannique. Puis, un véritable choc, le 24 juin après l’annonce du Brexit, une éventualité qui paraissait pourtant peu probable jusqu’à la veille du vote.

La réaction des marchés a été très violente ; bien que prévisible en pareil cas. Elle a été marquée, d’un côté, par la chute de la livre et des actions européennes. Et de l’autre, par un bond des valeurs refuges comme les emprunts d’Etat des pays développés. Le 10 ans allemand affiche désormais un rendement négatif.

Au cours de la dernière semaine de juin, la BCE et la Banque d’Angleterre ont tout fait pour calmer les esprits. Avec succès d’ailleurs. De son côté, la FED est restée l’arme au pied et on la voit mal relever ses taux à très court terme.

Côté devises, l’euro a un peu baissé contre le dollar. La livre est au plus bas depuis 30 ans face au dollar et l’euro. En revanche, le Yen a joué son rôle de valeur refuge avec l’or.  Quant au pétrole, il flirte toujours avec les 50 $ le baril.

Le Brexit est un fait politique et non financier. Le 24 juin, il n’y a pas eu de mouvements de panique. La chute est liée à l’incertitude générée par ce fait historique. Et, c’est pourquoi nous pensons que les conséquences économiques seront limitées au Royaume-Uni. Elles ne mettent pas en péril la reprise en zone euro.

En zone euro, la croissance s’améliore toujours grâce à la consommation et à l’investissement des entreprises. Les crédits aux ménages sont en hausse et l’emploi progresse. Et le Brexit alors ? Eh bien, nous pensons que son impact sera marginal car la reprise repose en grande partie sur la consommation domestique.

Aux Etats-Unis, la croissance du 1er trimestre a encore été revue en hausse. La consommation et l’immobilier restent bien orientés.  Les ventes au détail sont en hausse et la confiance des consommateurs aussi. Côté industrie, ça reste encore fragile. Les créations d’emploi restent faibles mais elles ne remettent pas en cause la dynamique du secteur.

De son côté, la Chine se stabilise. Le PMI manufacturier* poursuit sa hausse et l’immobilier se redresse. L’économie devrait bientôt atteindre son point bas. Puis doucement repartir avec l’aide des politiques budgétaires et monétaires menées par le gouvernement.

Au Japon, la situation reste morose. Les ventes au détail ont reculé et l’investissement des entreprises piétine. A moyen terme, une amélioration pourrait venir des dépenses de reconstruction ou d’une intervention de la Banque du Japon. Les marchés anticipent de nouvelles mesures pour stabiliser la hausse du yen et l’annonce d’un plan fiscal d’envergure.

On garde notre prévision de croissance mondiale pour 2016 autour de 3 %. Elle sera tirée par la consommation des pays développés, en zone euro et aux Etats-Unis. Mais il est clair qu’à court terme, le risque politique domine à cause du Royaume-Uni.  

Dans les jours qui ont précédé le référendum, nous étions déjà très prudents dans nos allocations. Nous avons réduit nos actifs européens. Mais nous comptons bien y revenir dès que l’occasion se présentera. Pourquoi ?

Eh bien pour plusieurs raisons : les taux sont bas, la BCE est accommodante et la reprise est bien enclenchée. A cela, s’ajoute la relance du crédit bancaire qui va soutenir la demande interne. Nous attendons une opportunité d’achat pour renforcer nos positions.

On maintient nos positions émergentes. Elles ont bien résisté au choc du 24 juin et jouent leur rôle de diversification. Les actifs émergents ne sont pas trop chers et le rebond des matières premières plaide en leur faveur.

On garde aussi nos actions américaines pour le moment car elles sont loin de l’épicentre politique européen. Elles profitent toujours de la croissance US.

Sur l’obligataire, on garde nos 2 axes d’intervention.  

Les actifs de couverture pour se protéger du risque politique. Là, on privilégie les obligations d’Etat américaines.

Et des actifs de rendement, avec les  obligations d’entreprises européennes ou américaines bien notées. Et puis, aussi, un peu d’obligations à haut rendement.

Et comme toujours en zone de turbulence, soyez prudents et respectez les règles d’or qui défilent en bas de l’écran.