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Les marchés ont affiché une grande nervosité lié à l’apparition du nouveau variant Omicron. Ces craintes semblent presque avoir relégué au second plan les autres évènements du mois.

08 décembre 2021

Amundi Asset Management

Bonjour et bienvenue dans ce point marché du mois de décembre. Le mois de novembre s'achève avec l'émergence du variant Omicron et des autorités publiques qui font tout pour en limiter la propagation en restreignant les mouvements de personnes aux frontières.

A ce jour, on en sait très peu sur sa virulence, sa transmissibilité et la capacité des vaccins à nous protéger contre ce variant. Et nous sommes convaincus qu'avec des mesures ciblées, les autorités publiques devraient être en mesure de limiter les hospitalisations. Dans ces conditions, nous sommes convaincus qu'il ne devrait pas y avoir d'impact majeur ou durable sur l'activité économique.

Le vendredi 26 novembre, ce sont tous les actifs risqués qui, naturellement, ont baissé ; les valeurs refuges ont gagné un peu de terrain. C'est la résultante de ce qu'on appelle un « choc d'incertitude ». Et cette incertitude va sans doute se maintenir encore un certain temps.

Avant l'émergence de ce variant, plusieurs événements retenaient l'attention. D'abord, la COP 26, qui s'est achevée avec des États qui ont pris des grands engagements, sans toutefois apporter de précisions sur la façon de les tenir.

Un autre facteur qui a retenu l'attention, c'est le fait que Jerome Powell a été reconduit dans ses fonctions à la tête de la Réserve fédérale américaine. C'est la promesse implicite d'une continuité du côté de la politique monétaire américaine, avec un accent particulier sur le marché du travail, comme l'atteste la nomination en vice-gouverneur de Mme Brainard. La stratégie des grandes banques centrales, et notamment de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne dans ce type d'environnement, est toujours en question et continue de retenir l'attention.

Autre point qui a retenu l'attention au cours du mois de novembre, c'est le fait que les Etats-Unis, la Chine, les pays de l'Opep sont revenus sur le devant de la scène pour contenir l'évolution du prix du pétrole.

Enfin, dernier point suite à la rencontre des présidents américain et chinois, le ton sur la devise a changé le yuan sera amené à évoluer plus librement, à la hausse comme à la baisse.

Dans cet environnement, nos convictions économiques n'ont pas radicalement changé.

Du côté de l'inflation, ce n'est pas un phénomène transitoire. Il convient de s'en prémunir, et ce, d'autant plus que la nouvelle vague épidémique va exacerber les problèmes d'approvisionnement. Du côté de l'activité économique, la croissance a déjà commencé à ralentir, notamment en Europe, et pas uniquement à cause de la pandémie.

Et il est clair que cette nouvelle vague et ce nouveau variant font peser des risques nouveaux de ralentissement économique mondial. Ceci dit, d'une vague à l'autre, on observe que les dégâts économiques se sont atténués. De ce fait, les banques centrales chercheront à maintenir des conditions de financement stables pour ne pas mettre en péril la reprise qui est en cours. Les actifs risqués restent attractifs dans une perspective de moyen terme, dans un environnement où les taux d'intérêt réels vont vraisemblablement rester négatifs. Mais évidemment, cela ne prémunit pas contre les risques à court terme.

Du côté de la Chine, malgré les bonnes nouvelles économiques sur le mois d'octobre, la situation sanitaire et la résurgence de l'épidémie va peser sur la croissance. Au quatrième trimestre, nous avons revu à la baisse notre prévision à 2-3% pour le quatrième trimestre et nous anticipons que la banque centrale prendra des mesures d'assouplissement ciblées. Mais ceci dit, ce ralentissement du quatrième trimestre ne remet pas en cause les perspectives de moyen terme qui restent plutôt favorables à l'économie chinoise.

Avant l'émergence du variant Omicron, signalons que la croissance américaine réaccélérait, tandis que la croissance européenne ralentissait déjà. Et il est probable qu'avec la cinquième vague, l'écart de conjoncture va continuer de s'élargir en faveur des Etats-Unis à court terme.

Du côté des marchés, la volatilité s'est accrue sur la plupart des classes d'actifs. Les taux obligataires se sont repliés tant en termes nominaux qu'en termes réels, c'est à dire défalqués de l'évolution des prix. Les actions sont dans le rouge avec le Hang Seng chinois, qui a connu la plus mauvaise performance et, en termes relatifs, le S&P 500 aux Etats-Unis, qui a connu le repli le moins élevé.

Du côté des devises, le dollar s'est déprécié par rapport à l'euro, mais il est resté à peu près stable vis-à-vis de la plupart des devises émergentes.

Du côté des matières premières, on notera le net repli du prix du baril de pétrole, d'à peu près 15 à 72$ pour le prix du Brent.

En définitive, notre sentiment est que la volatilité est là pour durer. Nous restons plus que jamais prudents en matière d'allocation aux actifs risqués. Des à-coups de marchés liés à la situation sanitaire sont vraisemblables dans les semaines qui viennent.

Merci de votre attention et rendez-vous à notre prochain Point marchés.

Crédit Photos : Getty Images