A lire dans la même thématique

Quel taux pour le Livret A au 1er août 2021 ?

Le taux d’intérêt du Livret A va se maintenir à 0,50% le 1er août prochain dans un contexte de hausse de l’inflation. Ce niveau de rémunération constitue son plus bas historique.

Au cours du mois de juin, ce sont l’inflation et la réaction des banques centrales qui ont retenu l’attention des marchés et des investisseurs.

06 juillet 2021

Amundi Asset Management

Bonjour et bienvenue dans cette édition du point marchés du mois de juillet.

Bonne nouvelle : la croissance reste particulièrement solide au mois de juin. Les deux thèmes qui retiennent l’attention sont l’inflation et les réactions des banques centrales. Il semble que les investisseurs continuent d’escompter une croissance qui reste solide avec une dynamique des prix qui est temporaire.

Qu’en est-il du côté de l’inflation ? L’inflation a accéléré de façon assez nette aux Etats-Unis au cours du mois. On a observé une inflation de 5% en glissement annuel, tirée par des effets de base, par la montée des prix des matières premières mais aussi par des goulets d’étranglement. Il y a certains secteurs qui font face à une pénurie d’offre. Ces goulets d’étranglement peuvent durer dans la phase de reprise. On estime que le pic de l’inflation a été atteint au deuxième trimestre du côté des Etats-Unis. En revanche, on verra l’inflation accélérer encore au second semestre du côté de la zone euro. La question centrale, c’est de savoir si ces évolutions que l’on observe sur les prix sont temporaires ou plus permanentes. Il est clair que l’on voit la masse monétaire augmenter, les nouvelles générations qui arrivent sur le marché du travail vont doper la consommation, vont demander des logements, vont probablement aussi avoir des revendications salariales dans un certain nombre de secteurs et, par conséquent, le temporaire pourrait finir par durer et la question qui se pose dans cet environnement, c’est celle de la réaction des banques centrales.

Du côté des Etats-Unis, la Réserve fédérale ne va pas se précipiter pour remonter les taux directeurs. L’inflation va sans doute évoluer au-dessus de 2% et la Réserve fédérale s’est dotée d’un nouveau cadre stratégique dans lequel elle accorde une place centrale à l’évolution notamment du marché du travail et on est encore très loin du plein emploi aux Etats-Unis. La Réserve fédérale a publié ses propres anticipations sur ses taux directeurs avec des augmentations de taux d’intérêt attendues sur 2023. Ceci dit, le président de la Réserve fédérale lui-même a été particulièrement accommodant et, au final, le taux d’intérêt de référence pour les marchés, qui est le taux d’intérêt à 10 ans sur les titres du Trésor américain, a fini en léger repli, à un niveau inférieur à 1,45%.

Du côté de la zone euro, la Banque centrale européenne a continué d’acheter des titres à un rythme soutenu, supérieur à celui que l’on a observé au premier trimestre. Le taux d’intérêt à 10 ans sur les emprunts d’Etat allemands est resté à peu près stable, à -0,2% sur le mois. A noter que la Commission européenne a procédé à sa première émission d’obligations au titre du plan de relance européen, soit 20 milliards d’euros, très nettement sursouscrite par les investisseurs européens. Il est vrai que ces obligations offraient un taux d’intérêt supérieur à celui des taux d’intérêt allemands, ce qui a attiré de nombreux investisseurs allemands.

Du côté des évolutions de marchés, les prix des matières premières ont plutôt grimpé au cours du mois ; d’abord, le pétrole mais également le prix de la plupart des métaux en raison de la prise économique, de pénuries sur certains métaux. En revanche, l’or s’est, quant à lui, légèrement replié avec, sans doute, des attentes de durcissement du côté de la Réserve fédérale américaine.

Du côté du taux de change, le dollar s’est raffermi à 1,19 dollar vis-à-vis de l’euro. Il est resté à peu près stable vis-à-vis du yen. Nous pensons que le dollar peut continuer de se raffermir à court terme, notamment vis-à-vis de l’euro, avec les anticipations d’augmentations de taux d’intérêt à long terme aux Etats-Unis. En revanche, à moyen terme, nous continuons de penser que le dollar devrait baisser. Les déficits jumeaux -le déficit commercial, le déficit budgétaire- l’augmentation du bilan de la Réserve fédérale sont autant de facteurs qui devraient peser sur le billet vert à moyen terme.

Du côté des obligations d’entreprises, l’amélioration des fondamentaux et des facteurs techniques maintiennent des valorisations élevées. Les obligations haut rendement se sont resserrées, les obligations de bonne qualité sont restées à peu près stables aux Etats-Unis et dans la zone euro.

Du côté des bourses, l’évolution est restée favorable, soutenue par la reprise économique, par l’appétit des investisseurs qui continuent de tabler sur une reprise non-inflationniste. En définitive, on a vu les bourses aux Etats-Unis et en Europe augmenter d’à peu près 2%, de 1% au Japon et un léger repli de 2% pour ce qui est de l’indice Hang Seng à Hong Kong. Dans cet environnement, quelles sont nos vues ? Nous continuons de penser qu’il faut agir avec grande prudence. Certes, la reprise n’est pas terminée, mais elle est en grande partie prise en compte par les marchés, et notamment par les bourses.

Du côté des taux d’intérêt, nous maintenons le cap, nous continuons de tabler sur une remontée graduelle des taux d’intérêt à long terme et nous maintenons des positionnements sur les obligations d’entreprises.

Du côté des marchés émergents, nous pensons que l’inflation n’est pas simplement un problème que nous ne voyons que du côté des Etats-Unis, on le voit aussi du côté des marchés émergents. Les banques centrales de ces pays ont commencé à durcir leurs politiques monétaires donc il faut rester particulièrement prudents mais nous pensons qu’il y a des opportunités à saisir, que ce soit sur les devises ou les taux d’intérêt ou même éventuellement sur les actions. Pour finir, quelques mots sur un sujet incontournable qui est celui de la pandémie. Comme vous le savez, le variant delta retient l’attention. Il semble que la situation soit gérable en Europe ; ceci dit, on est encore loin d’avoir atteint le niveau de vaccination suffisant pour être pleinement rassurés. On observe que de nombreux pays dans le reste du monde (la Chine, l’Australie ou encore Israël) mettent en place de nouvelles mesures de restrictions sanitaires. La dynamique de la pandémie va naturellement rester un sujet de préoccupation majeur dans les mois qui viennent et à la rentrée.

Passez un bon été et rendez-vous à notre prochain point marchés au mois de septembre.

Crédit photo : Getty images