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Les bonnes nouvelles sur le front épidémiologique, la reprise graduelle des activités et les actions des banques centrales ont ravivé l’optimisme des investisseurs.

Bonjour et bienvenue dans ce point marchés du mois de juin.

C’est avec beaucoup d’enthousiasme et d’optimisme que les investisseurs ont abordé le mois de mai, comme en témoigne la progression assez marquée de l’ensemble des bourses et des marchés.

Comment s’explique cet optimisme ?

Par les bonnes nouvelles qui s’accumulent sur le front de l’épidémie d’abord. Deuxièmement, parce que l’on observe une fin graduelle de la période de confinement et en corollaire de cela, on devrait avoir une reprise graduelle de l’activité économique qui devrait se matérialiser tout au long du troisième trimestre. Enfin, sur le plan de la politique économique, notamment pour l’Europe, on a eu une initiative franco-allemande très importante même si elle n’est pas encore actée par les chefs d’Etat de l’Union européenne. Ce plan de relance, d’un montant de 750 milliards d’euros, vise à permettre des dépenses de transferts pour stabiliser les économies les plus fragilisées par la crise.

Ce cocktail de bonnes nouvelles a, semble-t-il, incité les investisseurs à se repositionner sur les actifs risqués. On l’a vu avec la performance de la bourse américaine mais aussi de la bourse japonaise, de la bourse européenne ;  l’or a continué de monter, le pétrole qui est revenu dans une fourchette comprise entre 35 et 40 dollars le baril sur la période récente et tout cela, dans un contexte où les taux d’intérêt, eux, sont restés particulièrement faibles.

Est-il raisonnable de continuer de voir les bourses progresser de la sorte ?

Notre sentiment est qu’il y a quand même une déconnexion entre la conjoncture économique et la réalité des marchés. La conjoncture économique va, de notre point de vue, rester assez faible en fin d’année et en début d’année prochaine. Les conséquences macro-financières de la période de confinement ne devraient se matérialiser que tardivement cette année ou au début de 2021. Vous aurez probablement certaines entreprises qui devraient faire défaut, d’autres qui devraient faire faillite. Le chômage va sans doute continuer de monter dans certains secteurs. Donc ce n’est pas la fin de la crise. Et c’est bien la raison pour laquelle les gouvernements et les banques centrales continuent de multiplier les initiatives de façon à stabiliser la croissance et à ancrer les anticipations d’une reprise de l’activité économique.

Mais, pour l’heure, les marchés nous semblent anticiper un scénario de reprise en V, c’est-à-dire un scénario de reprise très marquée à la fois du côté de l’activité économique et des profits, tandis que nous campons sur un scénario de reprise extrêmement graduelle où l’on ne retrouvera, en zone euro, les niveaux d’activité économique d’avant crise qu’à l’horizon 2022 au plus tôt. Dans ces conditions, il nous semble que la prudence continue de s’imposer. Dans les portefeuilles, nous continuons d’orienter notre action sur deux axes. La première priorité, c’est la préservation du capital dans un environnement d’incertitude qui est toujours très élevé. La deuxième priorité est de maintenir des volants de liquidités importants dans les portefeuilles d’une part, pour pouvoir faire face à des à-coups possibles du côté de la volatilité des marchés et, d’autre part, parce que cette liquidité permettra de saisir les opportunités d’investissement qui devraient inévitablement se matérialiser dans les mois qui viennent.

En attendant, nous restons constructifs dans notre allocation d’actifs, positionnés en zone euro sur les titres de crédit pour tenter d’en capter le rendement dans un environnement de taux d’intérêt très faibles. Constructifs également sur les actions où l’on essaye de tirer parti des opportunités sectorielles qui se présentent mais avec tout de même une prudence accrue qui vient de cet écart, de notre point de vue, entre les anticipations implicites des marchés financiers et ce que l’on anticipe dans notre scénario économique. En plus de cela, il faut avoir conscience d’une chose, c’est que le niveau d’incertitude reste très élevé. La seule façon de purger ce niveau d’incertitude, ce serait vraiment de voir de très bonnes nouvelles sur le front de l’épidémie, c’est-à-dire avec soit des traitements, soit un vaccin. On n’y est pas encore de sorte qu’il y a toujours cette possibilité d’une deuxième vague plus tard dans l’année et qu’est-ce que cela veut dire sur le plan économique, c’est que les agents économiques vont probablement vouloir conserver une épargne de précaution.

Les chefs d’entreprise vont être extrêmement prudents avant de reprendre leurs projets d’investissements. Par conséquent, les déceptions conjoncturelles peuvent venir un peu plus tard dans l’année ou en début d’année prochaine et c’est bien la raison pour laquelle les gouvernements et les banques centrales continuent de multiplier les initiatives pour stabiliser la conjoncture. Dans ces conditions, la prudence reste de mise, on peut être raisonnablement optimistes sur la reprise mais il faut avoir en tête que cette reprise va être beaucoup plus graduelle, beaucoup plus poussive que ce que n’anticipent aujourd’hui les marchés.

Merci de votre attention et rendez-vous au prochain point mensuel.

Crédit photo : Getty Images