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Alors que le monde a les yeux rivés sur le conflit armé en Ukraine, les marchés boursiers restent particulièrement volatils.

Bonjour et bienvenue dans ce point marchés du mois de mars. Un point marché exceptionnel au regard de l'actualité. Comme vous le savez, le 24 février, les troupes russes ont envahi l'Ukraine. L'invasion d'un pays européen est un événement sans précédent dans l'histoire de l'après-guerre. Naturellement, la guerre en Ukraine a et aura des conséquences économiques et financières dont il est encore difficile de mesurer pleinement l'étendue.

Les marchés se sont retrouvés immédiatement sous pression, mais on n'a pas observé de vent de panique, bien au contraire. Lors du dernier week-end du mois de février, les démocraties occidentales ont annoncé des sanctions sans précédent à l'encontre de la Russie, qui visent à asphyxier progressivement son économie. Les représailles, notamment celles des pays de l'Union européenne et l'escalade du conflit militaire en Ukraine, augmentent encore le niveau d'incertitude quant aux conséquences économiques et financières de cette crise. Et ce d'autant que sur le plan purement financier, les banques centrales avant le début de cette guerre, avaient commencé à communiquer sur un début de normalisation monétaire pour juguler les pressions inflationnistes qui étaient déjà bien présentes.

Il est vrai que la hausse des prix des matières premières est consécutive à cette crise : le prix du baril de pétrole dépasse désormais les 100 dollars américains. Cette hausse va exacerber les tensions inflationnistes et le choc d'incertitude est particulièrement marqué en Europe, qui est par ailleurs très dépendante de ces importations de gaz et de pétrole en provenance de Russie. C'est donc sans surprise que les investisseurs se sont portés acquéreurs de valeurs refuges comme l'or, dont le cours dépasse désormais les 1 900 dollars l'once, ou certaines devises comme le dollar, le yen ou le franc suisse. En définitif, sur le plan économique, il s'agit d'un choc de nature stagflationniste, au sens où il va peser d'un côté sur l'activité économique tout en accroissant les tensions sur les prix.

L'Europe est très clairement la région la plus touchée, c'est là où le choc de confiance sera le plus marqué. Il peut provoquer une augmentation de l'épargne de précaution des ménages. Il peut conduire les chefs d'entreprises à retarder certains projets d'investissement. Sans compter que le choc sur le pouvoir d'achat devrait se traduire par un ralentissement assez marqué de la consommation des ménages. En revanche, l'économie américaine sera vraisemblablement peu touchée par le choc de confiance. Quant à la Chine, elle apparaît à ce jour épargnée par les conséquences économiques de cette crise.

Dans cet environnement très incertain, il faut rester particulièrement prudent et nous préconisons de protéger les portefeuilles face aux risques en mobilisant tous les instruments possibles, que ce soit l'or, les emprunts d'Etat ou certaines valeurs refuges. En situation de crise, il est clair que c'est sur les actions, qui forment la classe d'actifs la plus liquide, que les investisseurs peuvent le plus facilement s'alléger. Mais il est tout aussi clair que d'autres classes d'actifs risqués, comme le crédit, pourraient leur emboîter le pas. Nous recommandons néanmoins de ne pas réagir de façon excessive aux mouvements de marché, par nature erratiques, dans un environnement aussi incertain. C'est d'ailleurs pourquoi il convient de garder en portefeuille des titres liquides comme les instruments du marché monétaire.

Il nous paraît en effet prématuré de se ré-exposer dans cet environnement aux actifs risqués, mais nous sommes prêts à réévaluer, naturellement de façon sélective et progressive, notre exposition aux actifs risqués, en fonction notamment de l'impact économique de la crise actuelle et de la stratégie poursuivie par les banques centrales.

Merci de votre attention et rendez-vous à notre prochain point marchés.

Crédit photo : Getty images