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En ce début d’automne, de nombreux facteurs continuent de susciter l’inquiétude des investisseurs. Dans cet environnement marqué par l’incertitude, la prudence reste plus que jamais de rigueur.

05 octobre 2022

Amundi Asset Management

Bonjour et bienvenue dans ce Point Marchés du mois d'octobre.

Les principaux thèmes qui ont retenu l'attention ce mois-ci sont toujours les mêmes : l'inflation, les politiques monétaires des banques centrales et tout cela, sur fond de risques géopolitiques. Ce mois-ci, la Réserve fédérale américaine a monté ses taux d'intérêt de 75 points de base pour la troisième fois consécutive, ce qui porte à cinq le nombre de hausses de taux d'intérêt depuis le début de l'année. Et suite à cette décision, l'ensemble des taux d'intérêt obligataires ont remonté. Et vous avez, par exemple, le taux d'intérêt à dix ans sur les emprunts du Trésor américain qui est presque à 4%. Et cette hausse des taux d'intérêt a eu aussi un impact sur l'ensemble des taux obligataires européens.

Du côté des Bourses, les marchés américains et européens sont naturellement affectés par le ralentissement de la croissance et la détermination des banques centrales à relever leurs taux directeurs pour juguler l'inflation. Au Royaume-Uni, c'est la nouvelle politique fiscale de la Première ministre Liz Truss qui retient l'attention, qui fait peser des doutes quant à la soutenabilité des finances publiques à moyen et long termes et qui explique que la livre sterling ait dévissé au cours du mois. Et cela a poussé l'ensemble des taux d'intérêt obligataires à la hausse. Enfin, les Bourses de Chine et de Hong Kong ont souffert des blocages persistants liés à la politique de zéro COVID et aux problèmes du secteur immobilier chinois. Dans l'ensemble, les Bourses des pays émergents se sont repliées au cours du mois.

Sur le plan économique, nous prévoyons, premièrement, que la zone euro devrait entrer en récession au cours du quatrième trimestre. Ceci s'explique par la poursuite de la guerre en Ukraine et ses conséquences économiques, avec une crise énergétique sévère et une augmentation des coûts de la vie. La capacité des Etats à se passer du gaz russe et à mettre en place des politiques budgétaires, soit à l'échelle nationale, soit à se coordonner à l'échelle de l'Union européenne, tous ces facteurs vont déterminer, en définitive, l'ampleur de la récession et la reprise économique qui s'ensuivra. En l'absence de mesures réglementaires, l'inflation devrait continuer d'accélérer durant l'automne et l'hiver, avec un pic qui reste encore à atteindre. Deuxièmement, aux Etats-Unis, le risque de récession s'accroît, mais nous continuons de tabler sur un ralentissement en douceur, avec une croissance qui restera de façon prolongée en deçà de sa croissance tendancielle. Du côté des prix, les dernières données d'inflation sont préoccupantes et ont surpris à la hausse mais nous continuons d'anticiper un ralentissement de l'inflation. Ceci dit, l'inflation restera supérieure aux objectifs de la Réserve fédérale à court terme. Troisièmement, la dynamique globale de croissance dans les pays émergents s'est légèrement améliorée au cours des derniers mois, ce qui a conduit à une amélioration des perspectives de croissance sur l'année en cours, grâce à la résistance de la demande intérieure et des exportations. L'Amérique latine fait cependant exception. Du côté des prix, l'inflation reste trop élevée et n'a pas commencé à se replier, à l'exception du Brésil où on observe là une tendance baissière plutôt convaincante.  
En résumé, les politiques des banques centrales, qui sont diversement sensibles à la croissance et l'inflation, vont déterminer, en grande partie, l'évolution de la conjoncture économique mondiale.

Dans cet environnement, les profits des entreprises vont plus que jamais retenir l'attention. Avec le ralentissement de la croissance, les bénéfices vont vraisemblablement être sous pression. Nous ne nous attendons pas à un recul des profits comme lors de la grande crise financière de 2008. Mais il faut quand même mentionner que nos anticipations de croissance pour l'an prochain 2023, inférieure à 2% aux Etats-Unis en moyenne et inférieure à 3% à l'échelle mondiale. Ces niveaux de croissance sont généralement associés à un recul des profits.

Quelle conclusion en matière d'investissement ? Du côté des obligations, la remontée des taux obligataires, le ralentissement de la croissance, les risques géopolitiques redonnent de l'attractivité aux emprunts d'Etat qui retrouvent leur rôle protecteur au sein d'un portefeuille. Ceci dit, il faut rester particulièrement actif et tactique en termes de gestion de portefeuille pour se prémunir contre le risque de remontée des taux d'intérêt liés à l'évolution de l'inflation ou aux politiques des banques centrales. Dans l'ensemble, nous ne nous attendons pas à une évolution très directionnelle des taux d'intérêt et nous nous tenons prêts à ajuster les portefeuilles en fonction de la situation. Du côté des entreprises, nous continuons de privilégier les segments de haute qualité, notamment aux Etats-Unis, dont les entreprises continuent de bénéficier de fondamentaux sains. En revanche, nous sommes beaucoup plus prudents sur le haut rendement, qui pourrait connaître des problèmes de liquidité, notamment si les profits des entreprises sont dans le rouge. Et nous voyons quelques opportunités sur la dette en devises fortes des pays émergents, dont les valorisations sont particulièrement attractives. Du côté des actions, vous l'aurez compris, dans cet environnement incertain, avec une décélération de la croissance économique, une pression sur les profits des entreprises, des hausses de taux d'inflation et des risques géopolitiques, nous restons particulièrement prudents et nous privilégions les segments de qualité, les valeurs décotées, les titres des entreprises qui récompensent les investisseurs en distribuant des dividendes. Il faut rester particulièrement sélectif en privilégiant les entreprises dont les bilans sont sains et qui sont capables de préserver leurs marges dans un environnement de hausse généralisée des prix. En conclusion, nous pensons que le moment est venu de se concentrer sur les obligations, les emprunts d'Etat et les obligations d'entreprises de haute qualité, mais avec une approche de plus en plus diversifiée pour construire des portefeuilles résilients au ralentissement économique tout en continuant à générer des rendements.

Je vous remercie de votre attention et vous donne rendez-vous à notre prochain Point Marchés.

Crédit photo : Getty Images