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Ce qu’il faut savoir en ce début d’année pour mieux investir son épargne en 2021.

07 janvier 2021

Caroline de Francqueville

Après une année 2019 marquée par plusieurs nouveautés liées à l’entrée en vigueur de la loi Pacte, l’année 2020 a connu peu de changements marquants dans l’univers des produits d’épargne. Que réserve l’année 2021 ? Quelles nouveautés vous attendent en 2021 pour vos produits financiers ou quant au régime fiscal qui s’applique aux revenus de l’épargne ? Compte-titres (CTO) et Plan d’épargne en actions (PEA), assurance-vie, épargne retraite, livrets ou encore FIP et FCPI, passons en revue les changements afin de vous permettre une meilleure gestion de votre épargne en 2021.

Livret A : quel taux de rémunération en 2021 ?

Le taux de rémunération du Livret A ne devrait pas connaître de changement le 1er février 2021. Pour rappel, la rémunération du Livret A peut être révisée au moins deux fois par an, le 1er février et le1er août. Si la formule de calcul du taux prend en compte une moyenne de l’inflation (hors tabac) et des taux courts sur les marchés monétaires au cours des 6 mois précédents, il existe toutefois un taux plancher de 0,5%. Il permet de garantir aux épargnants un minimum de rendement. Sans surprise, le 1er août 2020 le taux du Livret A avait été maintenu à 0,5%, ce qui pourrait être également le cas à l’issue la prochaine révision du 1er février 2021.

Ce faible taux de rémunération n’a pas empêché les Français de privilégier en 2020 le Livret A pour sa disponibilité, le portant vers de nouveaux records d’encours depuis la crise sanitaire de la Covid. A noter que la baisse de l’inflation en 2020 a permis d’obtenir un rendement net d’inflation proche de 0.

Compte titres, PEA, PEA-PME, comment choisir en 2021 ?

L’année boursière 2020 a été spectaculaire en terme de volatilité en raison des mouvements dus à la crise sanitaire. De nombreux épargnants ont pris le chemin de la bourse, particulièrement au début de la crise. Comment choisir en 2021 entre un CTO et un plan d’épargne en actions ? Quelles sont les principales différences entre PEA et CTO ?

Contrairement au CTO, le PEA est plafonné en termes de versements. Pour rappel, si le plafond des versements du PEA-PME est de 225 000 €, le plafond global des 2 plans (PEA classique et PEA-PME) est aussi à 225 000 €, celui du PEA étant fixé à 150 000 euros. L’univers d’investissement du PEA est limité aux actions européennes et ne permet pas comme le compte-titres d’accéder à tous types de titres (OPCVM, obligations, trackers de toutes zones géographiques). PEA et CTO sont donc souvent complémentaires.

Le fonctionnement du PEA est également moins "souple", en contrepartie d’un régime fiscal très avantageux puisque dès 5ans de détention tous les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux sont pris lors d’un retrait partiel ou total. Dans le CTO, tous les gains (dividendes, plus-values) sont imposables au régime du prélèvement forfaitaire unique (PFU) soit 30% prélèvements sociaux inclus ou sous certaines conditions, sur option au barème progressif.

PEA : impacts du Brexit

Quels sont les impacts du retrait du Royaume-Uni de l’Union-Européenne le 1er janvier 2021 pour les PEA et PEA-PME ? Les titres britanniques ne sont plus éligibles à ces plans d’épargne depuis le 1e janvier 2021, mais le Gouvernement a défini par ordonnance des règles destinées à laisser un temps d’adaptation suffisant aux épargnants et aux gérants pour la gestion des placements collectifs. En pratique et à titre d’exemple, pour des titres vifs d’émetteurs britanniques inscrits sur un Plan avant le 31 décembre 2020, leurs détenteurs disposeront d’un délai de 9 mois pour se mettre en règle selon les modalités prévues.

Un dispositif Denormandie prorogé

Le dispositif Denormandie prévu pour durer jusqu’à fin 2021 est finalement prorogé jusqu’au 31 décembre 2022. Pour mémoire, ce dispositif ouvre droit à une réduction d’impôt au contribuable qui investit dans un logement ancien et engage des travaux d’amélioration d’un montant égal à au moins 25 % du coût total de l’acquisition. A noter que la notion de centre-ville des communes éligibles, source d’incertitudes pour l’investisseur, est supprimée.

De son côté la réduction d’impôt Pinel est prolongée jusqu’au 31 décembre 2024 mais va voir dès 2021 son champ d’application limité aux seuls logements situés dans des bâtiments d’habitation collectifs. Il y aura une baisse du taux de réduction d’impôt pour les investissements à compter de 2023.

FIP, FCPI 2020 : un taux de réduction d’impôt à 25 % prorogé en 2021.

La réforme du taux de réduction d’impôt sur le revenu de 18% à 25% en contrepartie d’une souscription dans le capital de PME a été votée fin 2018. Mais la validation de la Commission européenne ayant tardé, cela n’est que le 10 août 2020 que la réforme est entrée en vigueur. Le Parlement a voté la prorogation -encore subordonnée à l’accord de la Commission européenne-de ce taux pour 2021.

Ainsi le contribuable qui investit dans des PME en direct ou via une souscription de parts de FIP (fonds d’investissement de proximité) ou de FCPI (fonds dans l’innovation) pourrait obtenir une réduction d’impôt de 25% en 2021. Pour mémoire, ce taux s’applique aux versements à proportion du quota d'investissement dans des PME éligibles : le taux de réduction d’un fonds investi par exemple à 90% en PME éligibles est donc de 22,5 % (90 X 25%).

Assurance-vie : les unités de compte pour le moyen et long terme

En raison du contexte de taux bas de ces dernières années, les assureurs ont réduit l’accès à leur fonds en euros, le conditionnant à un quota minimum d’investissements en unités de compte. L’objectif avancé : limiter la dilution du rendement du portefeuille, préservant ainsi les intérêts des épargnants déjà investis sur ce support. La généralisation progressive de cette condition supprime de fait la possibilité d’une garantie totale du capital tant appréciée par les épargnants. Cette raison contribue à expliquer que ces derniers aient ainsi délaissé l’assurance-vie en 2020 au profit d’un placement de précaution garanti et plus liquide comme le livret A ou les dépôts sur les comptes courants, et ce au détriment de la rentabilité. Quel sera leur comportement en 2021 ?

Quoiqu’il en soit, les épargnants qui acceptent un risque de perte en capital et dont le profil de risque est adapté aux actions, peuvent construire une allocation associant fonds en euros et unités de compte, ces dernières offrant toujours des perspectives de performance sur le long terme.

De même, ceux qui disposent d’une épargne de précaution excédentaire peuvent continuer de diversifier leur patrimoine via l’assurance-vie, en respectant leur profil de risque.

Un LDDS -enfin- solidaire en 2021

La possibilité pour le détenteur d’un LDDS de faire un don à une entreprise de l'économie sociale et solidaire avait été reportée de juin 2020 à octobre 2020. C’est donc près de trois ans après la loi du 9 décembre 2016 dite "Sapin II" transformant le LDD en LDDS- que le volet solidaire de ce livret se concrétise enfin. Il deviendra donc possible en 2021 de donner directement depuis le LDDS (des intérêts ou encore du capital) à des organismes caritatifs ou à des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) proposés. Pour ces dons, l’avantage fiscal s'élève à 66 % du montant du don dans la limite de 20 % du revenu imposable, dans les conditions de droit commun.

Pour rappel, le taux de rémunération du LDDS est le même que celui du Livret A soit 0,5% en janvier 2021.

De plus en plus d’épargnants se tournent vers le plan d’épargne retraite (PER)

Le plan épargne retraite (PER) est disponible depuis le 1er octobre 2019. Il a vocation à regrouper toute votre épargne retraite dans un produit unique. Il s’est développé en 2020 (c’est depuis le 1er octobre 2020, que les plan d’épargne retraite populaire ou Perp, contrat Madelin, article 83, ou encore le Perco, ne sont plus ouverts à la souscription) mais il pâtit encore d’un déficit de notoriété et d’une méconnaissance de ses principales modalités.

Pour rappel le PER Individuel reprend le même principe que le PERP avec notamment des versements qui peuvent être déductibles de votre revenu imposable. Mais s’y ajoutent certains nouveaux atouts :

  • possibilité d’une sortie à 100% en capital, en une ou plusieurs fois ;
  • possibilité de déblocage avant la retraite pour le financement de sa résidence principale ;
  • possibilité de transfert auprès d’un autre établissement (frais limités).

Il convient avant de s’engager de vérifier le régime fiscal applicable lors de la sortie, qui dépend de nombreux paramètres, comme la nature ou le caractère déductible ou non du versement.

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