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Le secteur du pétrole et du gaz sous-performe le reste du marché depuis septembre 2012. Le point sur cette sous-performance et sur les perspectives du secteur de l'énergie.

23 avril 2015

Morningstar

La sous-performance du pétrole et du gaz s’explique par un environnement économique incertain et des révisions en baisse des prévisions de résultats. Mais les valorisations sont aujourd’hui attrayantes en relatif.

L’énergie n’a pas trop la cote. Depuis septembre 2012, le secteur sous-performe alors qu’il suivait plutôt bien les performances de la Bourse en général depuis 2008. Cette situation a changé avec l’évolution contrastée du cours des matières premières, les révisions en baisse des résultats et les incertitudes économiques sur l’Europe.

Résultat, les investisseurs sont relativement peu exposés au secteur. Selon la dernière enquête de Bank of America Merrill Lynch auprès des gérants de fonds, l’énergie est un secteur « sous-exposé » dans les portefeuilles, au côté des « utilities », des télécoms ou des matériaux de construction ou des biens de consommation courante.

« Le secteur du pétrole et du gaz est idéal dans un environnement de remontée des taux d’intérêt et lorsque le dollar s’apprécie », notaient les stratégistes d’Exane BNP Paribas dans une étude datée du 8 novembre.

La sous-performance du secteur peut amener à le considérer comme étant décoté (ou « value » dans le jargon financier), le ratio de valorisation sur longue période étant particulièrement déprimé par rapport au reste du marché.

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Pourtant, si on en croit Exane, les anticipations de résultats, qui devraient croître de 13 % l’an prochain, pourraient constituer un soutien majeur pour ce secteur d’activité. Pour peu - bien sûr - que ces prévisions ne soient pas révisées à la baisse, ce qui était le cas ces dernières années.

Les pétroliers vont évoluer leur communication financière

Pour l’heure, les analystes sont toujours prudents. Le discours de certains pétroliers a d’ailleurs quelque peu évolué depuis quelques mois.

oil&gas EPS estimates.jpg

Par exemple, Total, qui a longtemps centré sa communication financière sur la croissance de sa production d’hydrocarbures, a depuis recentré son message sur la génération de trésorerie, ce qui a participé à la progression de son cours de Bourse : +15 % depuis le début de l’année, +18 % sur un an.

Avec la perspective de cours du baril au minimum stables dans les prochaines années, les efforts d’amélioration des coûts et de rentabilité des activités d’exploration-production, ainsi que la recherche de relais de croissance pourraient effectivement assurer au secteur une source de revalorisation en Bourse.

Mais les déceptions ont été grandes sur le sujet, d’où une certaine prudence qui risque encore de durer quelque temps. Tant, à tout le moins, que les investisseurs ne seront pas convaincus que la croissance économique mondiale est plus solidement établie qu’elle ne l’est aujourd’hui.
 

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