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Les fonds qui intègrent les critères extra-financiers ESG à leurs processus d’investissement privilégient massivement le E de l’environnement ou le G de la gouvernance et très peu le S du social.

03 décembre 2020

Michel Lemosof

Les fonds qui intègrent les critères extra-financiers ESG à leurs processus d’investissement privilégient massivement le E de l’environnement ou le G de la gouvernance et très peu le S du social. Trois d’entre eux se distinguent en s’intéressant explicitement aux problématiques liées à l’emploi.

Insertion Emplois Dynamique, aujourd’hui le plus gros fonds solidaire de la place (900 millions d’euros d’actif), a ouvert la voie en 1994. Fabien Leonhardt, son gérant chez Mirova, choisit des sociétés qui respectent les critères maison de l’investissement socialement responsable et répondent aux Objectifs de développement durable des Nations unies (en l’occurrence offrir à tous un emploi assorti de bonnes conditions de travail et une intégration sociale).

L’univers d’investissement comprend 240 sociétés qui devraient générer de l’emploi en France sur des cycles de trois ans. La poche actions de ce fonds éligible au PEA comprend une cinquantaine de lignes : Worldline, LVMH, L’Oréal, Air Liquide, Voltalia, Orpea, Eurofins Scientific, Siemens Gamesa Renewable Energy, Capgemini, Hermès International, etc. La poche solidaire (de 5 % à 10 % en parts d’entités non cotées) est gérée en partenariat avec le mouvement France Active. Les valeurs cotées sont le moteur de performance (+ 170 % depuis l’origine à fin octobre 2020). "Une entreprise qui s’apprête à créer des emplois, a souligné le gérant lors d’une présentation, est une entreprise qui va bien."

Investir dans des entreprises vertueuses

Dans une visio-conférence, des experts de Talence Gestion et le patron de l’agence Humpact, André Coisne, ont exposé l’originalité de Talence Humpact Emploi France. Créé en juillet dernier, ce fonds également éligible au PEA investit dans des entreprises "vertueuses" qui étoffent leurs effectifs, forment des jeunes ou maintiennent les seniors dans l’emploi, et qui, ainsi que l’a précisé son gérant, Julien Fauvel, ont des "fondamentaux financiers solides". Le portefeuille rassemble des valeurs comme LVMH, ID Logistics, Worldline, L’Oréal, Hermès International, Sanofi, Orpea, Groupe Fnac, Total ou Seb.

Investir à long terme et lutter contre les inégalités

De son côté, CPR Asset Management a présenté dans un webinaire CPR Invest - Social Impact. Lancé il y a un an, c’est le premier fonds d’actions internationales au monde dont le cœur de portefeuille intègre pleinement la dimension sociale. "La lutte contre les inégalités, a indiqué Gilles Cutaya, directeur général délégué de CPR AM, n’est plus une option. Nous nous appuyons sur une vision à long terme pour favoriser des actions immédiates en faveur de la réduction des inégalités." Objectif : accompagner les entreprises dans leur transition pour adopter des modèles plus durables et prendre en compte, puis mesurer, les risques liés aux inégalités, notamment sur le plan de la croissance des entreprises. Quelques noms : TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company), Alibaba, L’Oréal, LVMH, Air Liquide, Valeo ou Schneider Electric. Un groupe comme Amazon.com, lui, a été éliminé, en raison de sa politique fiscale.

Crédit photo : Getty images