Art contemporain : le Brésil et le Moyen-Orient en vogue

Privilégier les artistes jeunes mais déjà remarqués dans le cercle mondial de l'art et qui appartiennent à des zones géographiques en vogue.

Art contemporain : le Brésil et le Moyen-Orient en vogue

Pour réaliser un investissement intelligent dans l'art contemporain, il faut partir d'un postulat réaliste : il n'en est pas de moins sûr. L'art actuel est celui qui bénéficie par définition le moins du recul du temps et celui qui est le plus soumis aux effets de mode. Il est aussi l'objet d'une convoitise hors norme malgré les soubresauts de l'économie. Pourquoi ? Acheter de l'art actuel, c'est prouver qu'on appartient à son époque. Evidemment, les prix record enregistrés récemment correspondent à des oeuvres considérées comme classiques. Une peinture abstraite de 1997 de Gerhard Richter (le peintre allemand a soixante-dix-neuf ans) a été adjugée chez Sotheby's à New York pour 13,4 millions d'euros le 9 novembre dernier. Dans le même esprit " classique contemporain ", un rare tableau du Français d'origine russe Nicolas de Staël (1914-1955), un grand format représentant un nu féminin dans des couleurs contrastées a été adjugé à Paris chez Artcurial le 6 décembre, encore pour une somme record : 7 millions d'euros.

Pour les budgets modestes aussi

Mais pour le commun des amateurs d'art, qui bénéficie d'un budget plus modeste, il existe un " créneau " à explorer qui peut s'avérer porteur : celui d'artistes jeunes mais déjà remarqués dans le cercle mondial de l'art et qui appartiennent à des zones géographiques en vogue. Ainsi l'Amérique latine, et particulièrement le Brésil, bénéficie non seulement d'une économie forte mais encore d'une demande importante de leurs artistes. Dans le classement Artprice des artistes contemporains d'Amérique latine les plus vendus en 2011, les quatre premiers sont brésiliens. A Paris, la galerie Bendana-Pinel défend le travail d'une artiste conceptuelle brésilienne née en 1974, Cinthia Marcelle. Elle produit principalement des vidéos et des photos à vendre entre 5.000 et 10.000 euros. Elle a reçu à Kiev l'an dernier le prix attribué par le centre d'art de l'oligarque Viktor Pinchuk et a été récemment exposée à Venise pendant la Biennale.

L'autre secteur géographique producteur de nouveaux talents cotés est le Moyen-Orient, du fait, entre autres, de la multiplication des projets de musées dans cette partie du monde. Adel Abidin, né en 1973, Syrien qui vit en Finlande, est défendu à Paris par la galerie Anne de Villepoix. C'est un de ces nouveaux noms incontournables, ultra-exposé au niveau mondial, qui traite avec poésie dans des photos et des vidéos de la situation d'individus qui vivent dans le tourment de la guerre et des privations. Lors de la dernière exposition de l'artiste, en juin, à la galerie parisienne, ses oeuvres étaient à vendre entre 18.000 et 60.000 euros.

Judith BENHAMOU-HUET