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En 2018, les petites et moyennes valeurs ont chuté : le CAC Small et le CAC Mid ont reculé de 26 % et 19 %. Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ? Qu’en attendre pour l’avenir ?

15 avril 2019

Michel Lemosof

« Les petites et moyennes sociétés se distinguent par leur agilité »

En 2018, les petites et moyennes valeurs ont chuté : le CAC Small et le CAC Mid ont reculé de 26 % et 19 %. Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ? Qu’en attendre pour l’avenir ? Éric Labbé, gérant actions thématiques chez CPR Asset Management, fait le point dans un entretien exclusif.

Propos recueillis par Michel Lemosof

Comment les petites et moyennes valeurs se définissent-elles ?

Il n’y a pas de définition officielle des mid et small caps. Pour certains, les premières entrent (ou pourraient entrer) dans la composition de l’indice CAC Mid 60, tandis que les secondes font (ou pourraient faire) partie de l’indice CAC Small. Pour d’autres, les valeurs moyennes relèvent du compartiment B de l’Eurolist d’Euronext et les petites valeurs, elles, du compartiment C de la classification de place. Pour nous, une valeur moyenne a une capitalisation boursière comprise entre 300 millions et 3 milliards d’euros, alors qu’une petite valeur a une capitalisation inférieure à 300 millions d’euros. Mais le plus important, c’est le flottant, c’est-à-dire la capitalisation corrigée de la part majoritaire du capital détenue par des actionnaires de long terme.

Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ?

Quand vous êtes petit, il est plus facile de croître rapidement ! Les petites et moyennes entreprises sont agiles. Ce sont des sociétés de niche qui, en général, exercent un seul métier, qu’elles font bien. Ce sont des cibles de choix pour de grosses capitalisations qui veulent aller chercher de la croissance. Et puis leurs dirigeants, le plus souvent familiaux, sont insensibles à la pression du court terme. Principal inconvénient : le manque de liquidité. Il y en a un autre : pour les grands investisseurs, les petites et moyennes valeurs sont une classe d’actifs périphérique.

Êtes-vous confiant pour l’avenir ?

Jusqu’en 2017, les petites et moyennes sociétés affichaient un taux de croissance de leurs résultats deux fois plus élevé que celui des grosses capitalisations (16 % contre 8 %, par exemple) et n’étaient pas tellement plus chères en Bourse. Ce n’est plus le cas. Pour 2019, les anticipations de hausse de leurs profits tournent autour de 10 %, contre 8 % pour les large caps. Elles semblent à leur prix. Les relèvements de taux directeurs des banques centrales ne sont plus d’actualité. La situation économique est sujette à caution. Les rendements obligataires continuent d’ailleurs à s’affaisser. Le potentiel de hausse des petites et moyennes valeurs paraît limité, surtout après leur rebond du premier trimestre.

Dans le fonds CPR Middle Cap France, nous avons augmenté le pourcentage de titres défensifs, élevé la capitalisation boursière médiane et porté la poche de cash à 6 %. Parmi les titres que nous apprécions figurent Eiffage, Saint-Gobain, Accor, Alten, Legrand, Mersen, Getlink, Mediawan, GL Events et Seb. Si nous nous attendons à un passage à vide, nous ne sommes pas du tout inquiets à long terme sur les small et mid caps.

Crédit photo : G-stockstudio