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Les ratios de valorisation sont des indicateurs financiers très importants pour se faire une idée de la cherté relative d’un titre côté. Quels sont les principaux à connaître ?

29 novembre 2019

Caroline de Francqueville

En raison des risques qu’il comporte, tout investissement en actions nécessite de bien s’informer pour mettre le maximum d’atouts de son côté. Les ratios financiers et boursiers font partie des indicateurs importants d’analyse de données fondamentales. Mais ces ratios étant très nombreux, encore faut-il savoir à quoi ils correspondent afin de s’orienter vers ceux qui vous aideront à sélectionner les actions à acheter, à conserver, ou qu’il vaut mieux vendre. Voici une sélection des principaux ratios qui ne font intervenir que des variables directement liées à l’entreprise (chiffre d’affaires, bénéfices…). Plusieurs sont davantage connus par leur terminologie anglaise.

Le Bénéfice par action (BPA) : une donnée utilisée dans de nombreux ratios

Pour pouvoir comparer les bénéfices des entreprises, il faut utiliser la notion de bénéfice par action (BPA) ou Earning Per Share (EPS) qui se calcule en divisant le bénéfice net de l’entreprise par le nombre d’actions. Cette notion permet une comparaison historique alors que le nombre d’actions de la société a pu évoluer. L’examen du BPA sur plusieurs années permet de voir la façon avec laquelle une société améliore ses bénéfices.

Il peut se calculer pour l’année en cours ou encore pour l’année suivante, on parle alors de BPA estimé ou projeté. Le BPA historique (année antérieure notamment) est lui une donnée certaine.

Le PER ou price earning ratio

Le Price earning ratio (PER ou P/E) est certainement le ratio le plus connu et le plus utilisé. Il permet de savoir comment le marché valorise les bénéfices d’une entreprise en mesurant le nombre d’années de bénéfices qu’un investisseur accepte de payer pour l’achat d’une action.

Pour l’obtenir, il suffit de diviser le cours d’une action par son bénéfice par action (BPA). Par exemple, si une action cote 120 euros et que l’entreprise enregistre un bénéfice de 8 euros par action (BPA), alors le PER est de 15 (120/8).

Plus le ratio est élevé, plus la valeur est chère, plus le marché est prêt à payer cher pour chaque euro de bénéfice annuel. Plus le ratio est bas, moins la valeur est chère. Mais ce raisonnement nécessite d’être relativisé notamment selon les secteurs.

Il faut donc l’utiliser en relatif avec ceux obtenus par d’autres entreprises comparables du même secteur, afin de juger si un titre est surévalué ou sous-évalué, en raison d’un PER supérieur ou inférieur à la moyenne de son secteur (PER sectoriel). Enfin, les sociétés dont la visibilité sur les profits est bonne, notamment grâce à une position concurrentielle forte, se traitent souvent avec des PER plus élevés car le marché attend une forte croissance.

Comme le BPA, le PER peut être calculé pour le passé (PER historique). Pour l’année en cours ou les années futures on parle de PER estimé ou projeté.

Faisant intervenir le BPA, ce ratio ne peut pas être appliqué dans les cas d’entreprises déficitaires, au résultat négatif.

Le PEG ratio

Le PER, examiné ci-dessus a une limite : c’est un outil d’évaluation instantanée, il est fonction du taux de croissance du BPA et ne prend pas en compte la dynamique de croissance des profits. Un PER élevé signifie-t-il toujours qu’un titre est surévalué ? Pas nécessairement. Le titre peut en effet avoir un PER élevé parce que les investisseurs sont convaincus que les bénéfices vont croître très rapidement dans le futur. Or en toute logique un investisseur sera d’autant tenté par l’achat d’un titre sur la base d’un PER élevé que le taux de croissance du BPA sera élevé.

C’est pour cette raison qu’on utilise le Price Earnings Growth (PEG). Son intérêt : il pondère le PER par la croissance des bénéfices futurs. Obtenu en divisant le PER par le taux de croissance des bénéfices anticipé sur plusieurs exercices, ce ratio va pouvoir relativiser le niveau élevé d’un PER en raison de la prise en compte de la hausse des profits attendus.

Ainsi une société au PER de 15 avec une croissance des résultats estimée à 25 % pourra ressortir comme moins chère (15 : 25 = 0,6 fois) qu’une société dont le PER est de 10 mais a une hausse des profits estimée à 8 % (10 : 8 = 0,8 fois). Généralement, plus le PEG est petit, mieux c’est, car cela signifie que vous payez moins cher la croissance à venir.

Le Rendement d’une action

Ce ratio est également bien connu des investisseurs. Calculé en pourcentage, il est obtenu en divisant le montant du dividende par le cours du titre. Ce ratio permet de comparer le rendement d’une société par rapport à d’autres mais aussi à d’autres types de placement. Mais il faut savoir souvent interpréter ces taux de rendement.

Les entreprises peuvent en effet avoir des politiques très différentes de distribution : un faible dividende peut signifier une forte volonté d’investissement de la part de l’entreprise, tandis qu'un dividende élevé peut traduire le souhait de privilégier les actionnaires. Il existe des secteurs (les foncières) connues pour leur politique de distribution des bénéfices généreuse. Certaines entreprises plus jeunes versent des dividendes très peu élevés, voire pas de dividende du tout, préférant privilégier leur expansion en réinvestissant.

Un rendement très élevé nécessite toujours une analyse de la situation. Le taux de rendement dépendant du niveau de dividende et du cours de l'action, il faudra donc se méfier d’un rendement élevé uniquement dû au fait que le cours de son action est très bas. Il faudra y préférer des valeurs de croissance, qui si elles offrent un rendement faible (cours élevé de l'action), offrent à l’épargnant une croissance régulière de leurs dividendes.

A noter que le taux de distribution des bénéfices représente la fraction de ces derniers que l’entreprise verse en dividendes aux actionnaires. Ce ratio dividende par action/bénéfice par action n’est qu’un critère qui traduit la politique d'une société envers ses actionnaires, mais sa hausse dans le temps peut donner une indication positive.

Price to book ratio ou value (PBR ou PBV)

Le Price-to-Book ou ratio cours sur actif net est le coefficient mesurant le rapport entre la capitalisation boursière d’un titre c’est-à-dire le prix indiqué par le marché et sa valeur comptable. Cette méthode permet d’établir si une entreprise cotée crée ou détruit de la valeur pour ses actionnaires. Un PBR supérieur à 1 signifie que le marché valorise davantage les actifs de l’entreprise par rapport à leur valeur comptable.

Un PBV inférieur ou proche de 1 désigne une valeur sous-évaluée. Un PBV plus élevé (supérieur à 2) indique que l’action est survalorisée ou peut désigner des valeurs de croissance où les investisseurs estiment que l’actif net actuel ne représente qu’une faible part de l’actif net futur.

Il existe bien entendu de nombreux autres ratios complémentaires (VE/EBITDA, ROE, ratio d’autonomie financière...). La plupart des ratios financiers varient en fonction des industries et des secteurs et chacun d’entre eux ne saurait en aucun cas être utilisé comme un seul outil pour sélectionner un titre. C’est en en combinant plusieurs que l’on met le maximum d’atouts de son côté pour juger de l’attrait ou de la cherté d'un titre.

Crédit photo : Getty Images