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L’utilisation du chèque reste - trop - importante en France. Comment amener les Français à le délaisser ?

« Payer autrement que par chèque, c’est possible ! » tel est le message adressé par les autorités bancaires aux utilisateurs de chèques. A l'heure de la banque en ligne, des services bancaires sur mobile et du développement du paiement sans contact, les pouvoirs publics veulent voir décliner ce moyen de paiement en mettant en avant les alternatives.

La France : un îlot de résistance du paiement par chèque

L’utilisation du chèque baisse mais il représentait encore en 2016 plus d’un paiement sur 10, selon les statistiques de la Banque centrale européenne (BCE). C'est une spécificité française puisque près de 7 chèques sur 10 émis dans l'Union européenne viennent de France (69,4%), loin devant les Britanniques (17,3%) et les Italiens (6,4%).

Le rythme de la baisse reste lent, en moyenne deux fois moins rapide que chez nos voisins. Dernier chiffre connu : le recul en volume du chèque a été de 7% en 2015.

Pourquoi les Français restent tant attachés au chèque : sa gratuité, l’absence d’alternatives pour certains types de paiement. En effet, le chèque reste souvent chez le médecin ou l’artisan le seul mode de paiement accepté, en dehors des espèces. Ensuite, il reste apprécié des populations les moins à l'aise avec le numérique, souvent les personnes âgées et les ménages modestes. Pourtant il génère des coûts pour les banques et les commerces, coûts de traitement, d'acheminement mais aussi de fraude.

Certaines mesures ont été prises pour accélérer cette décroissance: les chèques même de banque, ne sont plus acceptés pour les transactions immobilières où le virement est obligatoire au-dessus de 3.000 euros. Mais la tentative du gouvernement de ramener la durée de validité du chèque à six mois a échoué.

Promouvoir les alternatives

C'est dans ce contexte qu'intervient une communication sous forme de dépliants pédagogiques, visant à mieux faire connaître les alternatives au chèque. Intitulée, « Payer autrement que par chèque, c’est possible ! », elle est lancée par le Comité national des paiements scripturaux (CNPS), conjointement avec le Comité consultatif du secteur financier (CCSF).

Car il existe des alternatives crédibles et sûres, rappellent ces comités. Il y a la carte de paiement, dont il faut favoriser l'acceptation même pour de petits montants. Il y a aussi les moyens de paiement SEPA, le virement et le prélèvement, lequel peut être ponctuel ou récurrent. Ces moyens de paiement SEPA sont définis comme « simples, rapides, sécurisés et automatiques ».

Ce sont des moyens de paiement harmonisés au niveau européen, contrairement au chèque qui n’est utilisable qu’en France et ne fait pas partie des moyens de paiements prévus dans le cadre de l'espace unique de paiements en euros (SEPA).

Le prélèvement a dépassé le chèque en nombre de transactions pour la première fois en 2010 et en valeur en 2013. Il reste cependant majoritairement utilisé pour les paiements récurrents, tels que les impôts et la facture d'électricité.

Fin 2017, la révolution du virement instantané

Un crédit en compte du bénéficiaire sous quelques secondes ? Ce sera possible à partir de novembre 2017, date à partir de laquelle les banques européennes seront en mesure de proposer ce service de virement instantané SEPA à leurs clients.

Ses futures modalités devraient être :

  • virer en 10 secondes de l’argent,
  • dans la limite de 15.000 euros,
  • vers n’importe quel autre compte situé dans l’espace unique des paiements européens (SEPA),
  • 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Les pouvoirs publics espèrent que l’accélération générale des paiements accélèrera le déclin de l’utilisation du chèque.

Crédit photo : FatCamera