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Les taux courts dépendent des politiques monétaires tandis que les taux longs réagissent notamment aux taux d’emprunt des Etats. Comment influent-ils sur les taux des crédits immobiliers ?

03 juin 2020

La Rédaction

Les taux courts dépendent des politiques monétaires tandis que les taux longs réagissent notamment aux taux d’emprunt des Etats. C’est pourquoi la situation macro-économique mondiale est le principal facteur explicatif des variations des taux de crédit immobilier.

Les acteurs économiques (administrations, entreprises, particuliers) peuvent emprunter à plus ou moins long terme. Plus l’échéance du crédit est longue, plus le taux sera élevé car ils doivent couvrir le risque pris sur la durée.  Ainsi, les taux seront, par conséquent, différents. C’est pourquoi on parle de taux courts et de taux longs.

Taux courts : une incidence sur les crédits à taux variables

Sur les marchés financiers, les taux courts représentent la rémunération de l'argent sur de courtes durées (entre un jour et un an). Plusieurs groupes de taux d’intérêt peuvent être pris comme référence, comme le taux Euribor (Euro Interbank Offered Rate) ou le taux Eonia (Euro OverNight Index Average). Il convient de préciser que ces taux de référence sont voués à disparaître d’ici quelques années pour être remplacés par de nouveaux taux directeurs. Ceci est la conséquence des trop nombreuses manipulations de cours sur les taux actuels.

Les taux courts dépendent principalement des politiques monétaires, car ils sont liés au prix que demandent les banques centrales pour financer les banques commerciales. Ces taux courts sont ceux qui déterminent les taux variables du crédit immobilier.

Taux longs : un impact sur les taux fixes du crédit immobilier

Les taux longs correspondent à la rémunération de l'argent sur des longues durées (supérieures à un an). Les emprunts d’Etat, tels que les bons du Trésor américains ou encore l’OAT française (obligation à taux fixe) sont le plus souvent utilisés comme référence.

Les taux longs réagissent aux anticipations de croissance et d’inflation. Ils ont une influence sur les taux fixes du crédit immobilier.  

Bon à savoir

Les taux longs peuvent devenir négatifs, par exemple lorsque les investisseurs estiment qu’un pays a une signature suffisamment qualitative en comparaison des autres ou que les craintes de déflation généralisée sont importantes. Dans ce dernier cas, les investisseurs espèrent que le taux, même négatif, sera supérieur au taux d’inflation lui-aussi négatif.

Depuis plus de 4 ans, le Japon présente par exemple une partie de ses taux long en territoire négatif.

Taux courts et taux longs : des évolutions parfois contradictoires

Les taux longs sont le plus souvent supérieurs aux taux courts. En règle générale, les prêteurs (banques, compagnies d’assurance…) considèrent ainsi que le risque pris sur la durée est supérieur au risque pris à court terme.

Pour autant, il arrive parfois que les rendements à court terme soient plus élevés que les rendements à long terme. On parle alors d’inversion de la courbe des taux. Ce phénomène, plutôt rare, correspond à une situation où les investisseurs manquent de visibilité sur l’avenir.

Bon à savoir

Une récession peut alors survenir, mais ce n’est pas nécessairement le cas comme l’illustre actuellement le cas des Etats-Unis. Le pays, en situation de plein-emploi et avec une croissance élevée par rapport à la moyenne mondiale, bénéficie de baisses d’impôt et d’assouplissements réglementaires qui contribuent à entretenir la création de richesses et à éloigner le risque de récession.

Au-delà des impacts sur le crédit immobilier, les taux ont un effet sur le rendement des autres classes d’actifs et c’est en grande partie ce qui explique la bonne tenue des bourses mondiales dans un environnement de taux bas.

Crédit photo : Getty Images