A lire dans la même thématique

Et si vous remplaciez votre CB… par votre main ?

Le géant du web Amazon expérimente actuellement des terminaux utilisant le paiement par la paume de la main. On vous en dit plus.

Lorsque des citoyens se regroupent pour concevoir leur futur logement et le partager selon un mode de vie communautaire, on parle d’habitat participatif. Connaissez-vous cette nouvelle tendance ?

16 décembre 2020

Caroline de Francqueville

L’habitat participatif -on parle aussi d’habitats partagés- met en avant la vie en communauté et la gestion durable. Des citoyens conçoivent, créent et gèrent collectivement leur habitat qui combinera des espaces communs et des espaces privatifs. Choisir l’habitat participatif, c'est opter pour un mode de vie en accord avec ses aspirations, en particulier sur le plan de la vie sociale et l’écologie. Si cette nouvelle tendance en développement est ouverte à tous, découvrez ses caractéristiques pour savoir si ce mode de vie vous correspond.

L’habitat participatif : qu’est-ce que c’est ?

Comment définir l’habitat participatif ? Ce mode d’habitation permet à des groupes de personnes de concevoir, puis de gérer un projet d’habitat de construction dans une logique de coopération, de partage, de solidarité et d’aspirations sur lesquelles chaque groupe s’entend.

Le projet part de la recherche d’un terrain, à la conception des logements qui seront adaptés aux besoins et aux goûts de chacun. C’est un mode de vie plus écologique et plus communautaire.

Qu’est ce qui caractérise l’habitat participatif ?

De nombreux termes caractérisent l’habitat participatif. Qu’on le qualifie d’habitat partagé, communautaire, coopératif, ses principales caractéristiques communes sont les suivantes :

  • le projet est pensé avec les futurs habitants ;
  • des espaces de vie partagée sont nécessairement présents : vie en communauté et maintien d’une sphère privée cohabitent ;
  • le fonctionnement de l’habitat est géré par les habitants.

L’habitat participatif vise les personnes et familles qui ont notamment en commun des principes de développement durable, ou la volonté de "consommer autrement". Les participants peuvent alors établir des règles de gestion durable pour leur logement que ce soit pour les matériaux de construction ou par exemple pour la gestion de leurs dépenses d’énergie, la gestion des déchets…. La préoccupation écologique, la dimension sociale font partie intégrante de ce projet.

Les différentes formes d’habitat partagé

L’habitat participatif est en fait un projet d’habitat sur mesure et il en existe différentes formes : les logements peuvent faire partie d’un immeuble ou être constitués de maisons individuelles. Quels types de prestations peuvent être mises en commun ? Citons par exemple :

  • un jardin ;
  • une pièce de laverie ;
  • un logement pour accueillir des amis ;
  • des voitures ;
  • une pièce de jeu pour les enfants.

Quel cadre juridique pour l’habitat participatif ?

L’habitat participatif est doté depuis le 24 mars 2014 d’un statut juridique dans la loi ALUR qui reconnait en lui une "démarche citoyenne".

Le cadre juridique permet de préciser les règles applicables par exemple en cas de vente ou de changement de locataire, relatives au droit de jouissance de parties communes, à la modification des statuts juridiques, etc. Les habitants sont généralement propriétaires (mais il est parfois possible d’être locataire) et participent aux grandes décisions de gestion du bâtiment, mais il n’y a pas de syndic de copropriété.

Quels sont les avantages de l’habitat participatif ?

L’habitat participatif se développe en Europe, dans des pays comme l’Allemagne, la Suisse ou surtout la Norvège. Pourquoi cette tendance qui devrait se développer en France dans les années à venir, plait-elle ?

  • l’habitat est partagé par des gens qui ont des idées similaires, ce qui favorise l’entraide, les bonnes relations de voisinage et favorise le mélange intergénérationnel ;
  • le coût des travaux, la mise en commun de certains espaces et services, la gestion verte des déchets, de la consommation permettent des économies grâce à des frais mieux maîtrisés.

Bien sûr l’habitat participatif nécessite une adhésion au principe communautaire et de faire preuve d’une certaine ouverture sociale (nombreuses réunions pour évoquer le fonctionnement de l’habitat, conflits de voisinage).

Au-delà des attentes au niveau des économies, de nombreux observateurs trouvent plutôt une différence qualitative avec l’habitat classique avec la création d’un “meilleur habitat” pour le même investissement.

Crédit photo : Getty images