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Loin de se limiter à la création de la monnaie, la politique monétaire est devenue un instrument indispensable au bon fonctionnement de l’économie. En quoi consiste-t-elle ? Quels sont ses enjeux ?

22 juillet 2020

Michel Lemosof

Ces derniers mois, les annonces des banques centrales sont attendues avec beaucoup d’impatience par les investisseurs. Pourquoi la politique monétaire est-elle si déterminante pour les marchés ?

Un outil de politique économique

La Banque de France définit la politique monétaire comme « l’ensemble des moyens mis en œuvre par un État ou une autorité monétaire pour agir sur l’activité économique par la régulation de sa monnaie ».[1]

Dans les pays de l’Eurosystème, dont la France fait partie, la politique monétaire est assumée par la Banque centrale européenne (BCE). Cette institution basée à Francfort met en œuvre plusieurs instruments, parmi lesquels les opérations d'open market. Ces dernières consistent en l’achat et la vente « fermes » de titres, en particulier de titres publics. En d’autres termes, la BCE est en capacité d’acheter une partie de la dette des Etats. La BCE propose également des facilités permanentes et encadre les établissements de crédit, notamment en leur imposant de constituer des réserves obligatoires rémunérées.

Avec la politique budgétaire (qui est, elle, pilotée au niveau des Etats membre), la politique monétaire est un des principaux outils de la politique économique à l’échelle européenne.

Le développement de politiques non conventionnelles

Depuis la crise de 2008, les politiques non conventionnelles ou quantitative easing se développent fortement. A travers elles, les banques centrales à travers le monde agissent pour faciliter l’accès au crédit. En Europe, cela passe par deux instruments principaux : les opérations ciblées de refinancement de long terme et le programme étendu d’achats d’actifs ou APP (Extended Asset Purchase Program).

Ces interventions sur les marchés sont dites non conventionnelles car elles consistent pour la BCE – mais aussi d’autres banques centrales comme la Fed américaine – à venir en soutien à l’économie. En cela, elles vont au-delà de leur mandat principal qui est la maîtrise de l’inflation.

Des interactions fortes entre la politique monétaire et les marchés actions

Les politiques de quantitative easing ont deux effets principaux. D’une part, un afflux de liquidités sur les marchés financiers. D’autre part, une baisse du rendement des actifs obligataires entretenue par les taux bas.

Les investisseurs ont ainsi davantage de liquidités pour investir et sont également incités à se tourner vers la Bourse, en l’absence d’alternatives suffisamment rémunératrices. C’est ce qui explique en partie que de plus en plus d’investisseurs particuliers se tournent vers la Bourse. Une partie d’entre eux privilégient des actifs plus rémunérateurs mais aussi plus risqués et moins liquides, avec un risque pour la stabilité financière.

Dans une communication de fin 2019, la BCE reconnaissait que sa politique monétaire pouvait avoir des effets secondaires. Si la Bourse répond à une quête de rendement, la prudence reste donc de mise.

Crédit photo : Getty Images

[1] https://www.banque-france.fr/politique-monetaire/presentation-de-la-politique-monetaire/definition-de-la-politique-monetaire